Recrutement et Code du Travail

 

                                             Recrutement  et  Code du  Travail

 

 

 

Les freins à l’embauche le  plus souvent évoqués  par les entrepreneurs, sont les  charges sociales, le poids de la fiscalité, l’instabilité de la politique économique et les  rigidités issues  de plusieurs articles du Code du Travail relatifs aux contrats employeur / employé. Ces dernières sont particulièrement pesantes en France. Selon une étude de l’OCDE BIT intégrant  six critères permettant de définir la flexibilité  la France  se situe  en dernière position  parmi  15  pays de l’OCDE. Ce mauvais classement s’ajoute  à d’autres critères comme celui de la  fiscalité  ou  du  poids de l’Etat. L’influence négative  sur le niveau de l’emploi  se réalise lorsque coexistent  plusieurs mauvais résultats, alors que l’action d’un  critère seul  est moindre.

Cela se traduit par,  un taux d’embauche en CDD de 80 %,  de plus en plus de soit disants  auto entrepreneurs  et, selon l’URSSAF   le  travail  noir en forte  croissance.

Cette situation est insatisfaisante aussi bien pour  les employeurs  que  pour  les employés.

Pour les employés  car ils subissent  des discontinuités  dans  leur activité  et sont en difficulté  pour obtenir des prêts bancaires , pour les employeurs car ils ne peuvent pas assurer  des  formations de long terme  et parce qu’ils doivent sans cesse anticiper des embauches  qui ont un coût  de recherche  avec  chevauchements des contrats  lorsqu’il y a nécessité d’assurer la continuité de l’activité du salarié.

Dans ces conditions, on assiste à un rejet du Code du Travail jugé à la fois trop rigide, trop complexe et trop lourd. Avec pour  l’insertion  des «  outsiders » faut il alors l’abolir, le refondre, le réformer, le relooké ?

Il faut  d’abord se rappeler que l’avenir de l’emploi passe en très grande partie par la création de nouvelles entreprises, start-up, gazelles et ce, dans tous les domaines. Dans une étude comparative  devenue une référence, l’IRDEME démontre que la France accuse un grand  retard par rapport aux pays qui justement,  favorisent la croissance et l’emploi en   assurant  des conditions favorables  à la création de nouvelles entreprises.

De plus, les  nouvelles entreprises  PME/ TPE   doivent se  distinguer  des grandes entreprises traditionnelles par une culture de management et de décisions complètement différentes : travail en réseau, absence de hiérarchie pyramidale, autonomie et responsabilisation quelle que soit la fonction, télétravail, souplesse d’horaires, utilisation des nouvelles technologies  et surtout, un  positionnement  sur un  marché concurrentiel  au niveau international dès le début !

Il faut donc modifier plusieurs articles du Code du Travail qui directement ou indirectement   concernent tous ces aspects de la flexibilité,  à l’embauche et pendant l’activité. Ainsi, devraient    être   révisés entre autres, les périodes d’essais, les conditions  de licenciements, les procédures avec les prud’hommes, la régionalisation de SMIC, la flexibilité interne et fonctionnelle …Le projet entamé par le premier ministre ira peut être dans ce sens  mais sa  date de réalisation  (2018) est beaucoup  trop tardive ; Il vaudrait mieux  se concentrer dès maintenant sur quelques révisions d’articles quitte  à travailler la simplification globale  sur le long terme. Concernant la complexité ont pourrait imaginer que l’inspection du travail joue aussi un rôle de conseil et de recommandations  comme dans d’autres pays.

Il conviendrait également  de valoriser les accords  d’entreprises par rapport aux accords de branches justement pour tenir compte des spécificités des PME / TPE  pour ce qui concerne  les articles des contrats de travail  avec une représentation des salariés beaucoup  plus  large   même si cela doit réduire le monopole de syndicats peu représentatifs. Dans le cas où il n’y aurait pas d’ accord le code du travail resterait applicable.

L’idéal serait également que les élus  et les juristes en charge de ces réflexions, soient entourés  et conseillés par des  professionnels expérimentés issus  de l’entreprise privée.

 

Bernard Biedermann

Conjoncture et décisions

http://www.Theoreco.com

Décembre  2015

 

 

 

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